16 novembre 2008

LA VIE A BALOO

Au delà de mes espérances !

Je vais donc raconter ma soirée d'hier. J'en avais rajouté des tonnes pour faire sourire un peu mes visteurs avec cette histoire de voyage aventureux, publiée sur mon blog perso. Qu' Anne se rassure : je n'ai pas peur des loups et je sais qu'ils sont gentils... que Khate se rassure : ma voiture roule très bien.... je voulais seulement egayer un jour bien pluvieux ici... (voir leurs comm)
Et pourtant...
L'aventure était pourtant là. Inattendue. Quoique me connaissant, je devais me douter que tout ne serait pas ordinaire !

D'abord j'arrive au Café des Images, cinéma pour bobos caennais dans une ville de banlieue inventée par Roland Castro et Michel Cantal-Dupart ds le cadre de Banlieue 89 des années Fabius. Donc j'arrive au ciné... la jolie caissière me regarde et me demande ce que je veux... je lui répond : aller au cinéma (on dirait du Bigard). Pour quel film ? " TRANSYLVANIA". " C'est complet depuis 3 jours !!!!". Arghhhh.... j'insiste... je parle de mon blog gitan (Michto)... je lutte... je parle des 70 km que je viens de faire... je dis à la caissière que je suis mme prêt à l'inviter au restaurant, seule sans son mec.... (jusqu'où ne serais-je pas allé)... Finalement, elle me met en tête de la liste d'attente en cas de désistement. Alors je m'asseois et contemple, un peu desespéré (mais forcément optimiste) la file de ceux qui ont réservé, grossir, grossir...

Et presque tout de suite, la jeune femme m'appelle tout fort devant tout le monde.
J'ai une place ! Je paye mon ticket : 4,50 euros et en plus, je suis ds les premiers à entrer ds la salle. medium_ticket_transylvania.jpgDonc je choisi ma place : dernier rang. Comme ça, je peux garder mon chapeau sans gener celui qui est derrière....
300 personnes ! Complet !

Le plus surprenant allait se produire très vite...


Avant le film, Tony Gatlif parle... enfin surtout la Directrice du Ciné... Gatlif va parler un peu...
Dans ma tête tourne déjà Le plan. Je repère juste debout ds le couloir près de mon siège, un grand maghrébin qui ne lâchait pas Tony Gatlif, comme un coach, ou un copain... j'écris sur mon petit carnet l'adresse de mon blog, détache la feuille et lui fait un signe. " faudrait donner ce papier à Tony Gatlif, ça va l'interesser ". Et le gars me dit : " bien sûr Baloo " ???!!!... Ce gars me connait ? " Je suis Mohammed Siad et je sais que tu es Baloo de Vimoutiers. (pour ceux qui ne le sauraient pas encore, Baloo, c'est le surnom qu'on me donne depuis 40 ans !). Bon. L'effet de surprise passé, je me dis que j'ai du bol.

Et on regarde le film.

Je rejoins un commentaire qu' Alice m'avait déjà donné : trash, on a envie de danser et de picoler...
Gatlif fait encore une quête initiatique. Je retrouve  personnellement des couleurs d' Exils.
Je pense que certains n'y comprendront rien. D'autres y chercheront tout.
En fait : il faut juste ressentir. Et ça, on peut ou on ne peut pas. On peut pour certaines choses et pas pour d'autres. Moi, je pense savoir lire Gatlif dans ce qu'il ne dit pas car je suis très proche de son univers de Gitanie.
Montrer, pas expliquer.

A la fin du film, il revient. La Dirlo essaie de lancer le débat. Une question : le mec ds le film a l'air de se sentir seul qd Zingarella accouche... et Tony Gatlif fait le Gitan : il parle, il raconte, très bien, très nature, on rigole... mais pourquoi dénaturer l'émotion d'une scène par une explication de texte ? Autre question : et l'ours ? Encore une réponse de saltimbanque de Tony Gatlif.

Mais moi, ça ne me suffit pas. Je demande le micro. Comme je suis derrière : tout le monde se retourne. D'où l'interet très calculé d'avoir gardé mon chapeau : repérable !

" bonjour... des communautés gitanes me connaissent sous le nom de Baloo et j'anime un blog spécifique... le monde Tzigane n'a pas de tradition écrite, à part Sandra Jayat, Alexandre Romanès et Mattéo Maximoff... Et puis, il y a vous, avec cette suite de films, dont seul Latcho Drom reste introuvable, d'histoires qui sont, pour moi, comme une construction voulue. Ma question est donc la suivante : avez vous secrètement cette volonté et qu'en espérez vous ?

Purée... là je fais fort. J'ai pris mon temps et apparement les intellos-bobos de Caen ne se sont pas ennuyés.

Tony Gatlif, d'un seul coup sérieux, me répond:
Lorsqu'on est issu de ce monde tsigane, ou qu'on le cotoie, on se doit d'être engagé. On ne peut faire autrement. Moi, très vite, je me suis rendu compte que c'était MA MISSION. Non pas de faire des discours mais bien, sous couvert d'une petite histoire, de MONTRER... Pour Latcho Drom, j'en ai un exemplaire avec moi et je vous l'offre, Monsieur...

medium_latchodrom.jpg

Waouw.....
Du coup, le public m'a pris pour un spécialiste. J'avais mon look : chapeau noir, pantalon et gilet noir sur chemise grise, veste ordinaire... Sûr, j'étais de Gitanie. Et voilà qu'une fois tout le monde debout, qques spectateurs veulent le prendre en photo. Et Tony Gatlif leur dit : OK mais avec lui ! En me prenant le bras. Aussitot je prete mon petit numérique pour la photo que je remets ici encore.

medium_Tony_Gatlif_et_moi.2.jpg

Et Tony me dit, viens au concert en bas, on va boire un coup....
Il me donne le dvd de Latcho Drom et me dit :
" PIRATES-LE, DUPLIQUES-LE, DONNES LE A TOUS CEUX QUI LE VEULENT ET QUI NE PEUVENT PAS L'AVOIR "
On s'échange nos coordonnées. Avec Mohammed aussi que j'ai envie d'entrainer au prochain Festival des Puces. Mohammed, en fait, réalise des documentaires cinématographiques pour les revendre à des chaînes... c'est un pro... pote avec Tony Gatlif... Et je saurai, le lendemain matin que c'est aussi un grand copain à mon Grand Jean-Charles... notre monde est si petit...
Le groupe Gadjo Quartet etait un groupe effectivement gadjo, auquel il manquait un peu-beaucoup d'âme tsigane. Les instruments ne se répondaient pas les uns les autres.

Je suis parti très tard.
Les photographes ont dû me suivre car l'un d'eux, sur le bord du périph, m'a flashé...
J'espère qu'il m'enverra la photo.
Bien sûr je suis rentré sans panne et grâce aux lunettes spéciales pretées par Marco le Peintre, j'ai mme pas été ébloui...

13:40 Publié dans Ma Vie avec les Gitans | LienECRIE PAR BALOO LE 7 OCTOBRE 2006

LA VIE A BALOO

DES NOUVELLES DE GRISELIDIS REAL

medium_griseletmoi_4.jpg

reçu ce mail de Gérard Lanniez, ami de Grisélidis Réal (disparue il y a presque 1 an). Je le copie/colle intégralement pour info pour ceux que ça interesse.

Cher Hervé Druaux, notre aventure concernant le livre mémoire  pour Grisélidis Réal avance bon train. Les contributions arrivent et nous pourrons entreprendre la fabrication du livre dès fin juin (ce sont des livres fait main et cousus un par un, un petit artisanat comme disait Grisélidis à propos de son activité de prostituée). La présentation est prévue le 18 novembre à Genève au Théâtre de Poche puis à Paris le 21. Je viens déditer toujours sous le m^me mode de fabrication Photographie et mises en images de soi sous la direction de Christine Delory-Momberger, maître de conférences à l'université paris 13 et Un monde sans réel. Sur quelques aspects du scientisme contemporain d'Hervé Castanet, psychanalyste, professeur des universités et membre de l'ECf.

Cordialement. 
Gérard Lanniez
himeros@wanadoo.fr

 ECRIS PAR BALOO LE 4 MAI 2006